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La tendance à l’hyper-estimation a le vent en poupe au sein du monde professionnel, et encore plus dans des milieux comme l’IT où les délais sont serrés, les exigences hautes et les technologies changeantes. Pourtant, on voit bien que cette pratique a ses limites. Dans cet article, on a voulu explorer une autre alternative à l’estimation, plus agile, plus souple, plus empirique, baptisée le « No Estimate ».

Vous êtes-vous déjà demandés ce qui nous poussait à vouloir toujours tout estimer ? Un projet, une tâche, un budget, un délai… C’est un réflexe que nous avons tous acquis, et qui s’avère même crucial dans des environnements technologiques portés par l’urgence, comme le nôtre chez Ritmx. En témoigne le vif succès rencontré à une époque par l’organisation du cycle en V qui permettait de rassurer les parties prenantes sur les spécifications techniques, le codage, les tests, l’intégration, la mise en production et les recettes.

 

Des users stories…

 

Mais si anticiper les tenants et les aboutissants d’un projet rassure, nous devons aussi convenir qu’à force d’estimer au « pif informé », on finit par être pris au piège de ses propres prédictions. L’estimation sécurise sans ne rien garantir pour autant. Qui peut savoir ce qui va vraiment se passer ? Quid des fluctuations naturelles telles qu’un concurrent décidé à lancer avant vous un nouveau produit, de nouveaux décrets d’application, des changements d’avis du client, d’une réorientation des besoins… ? On le sait tous ; la vie nous réserve toujours des surprises. De ce fait, la logique selon laquelle nous devons tout prévoir, tout anticiper et tout contrôler est contre-productive.

 

Conscient de ces limites, de nouvelles méthodes dites de l’Agile ont depuis émergé pour optimiser l’organisation du travail. La plus grande révolution concerne cette logique de sprint consistant à produire vite et bien dans des délais courts. Au lieu de prédire un avenir que l’on ne connaît pas, les besoins sont découpés en « user stories », un ensemble de tâches opérationnelles auxquelles est associé un système de points pour calculer la durée de ces tâches et ainsi, estimer les prochaines à la lumière de cette expérience.

 

… au « No Estimate »

 

Malgré le pragmatisme et l’efficacité de cette méthode, il est encore question ici d’estimations. Or, estimer reste inutilement chronophage. C’est ce qu’en tout cas prône le mouvement « No Estimate », théorisé par Woody Zuill et Neil Killick, deux experts en Agilité. Actuellement en expérimentation auprès de certaines équipes chez Ritmx, le « No Estimate » propose de supprimer toute estimation pour découper le travail en tâches de taille et d’importance égale. S’il s’avère que l’une des tâches est plus longue que prévu, elle est elle-même redécoupée en plusieurs sous-tâches de manière à rétablir l’équilibre.

 

Les bénéfices de cette nouvelle méthode d’organisation ? Présenter plusieurs itérations du projet afin que la progression se fasse dans le bon sens ; le projet grandit à l’aune de bilans d’équipe, de feedback, de réajustements et de nouvelles directions, sans pression de timing.

 

En bref, la philosophie du « No Estimate » est de créer une valeur ajoutée qui se renouvelle sans cesse, selon une méthodologie suffisamment souple pour répondre aux demandes évolutives du client et pour livrer un projet au plus proche de ses attentes. Un pilotage à vue donc, mais qui assure le pilotage agile des imprévus. Et qui a pour grand mérite de mettre en exergue l’intelligence collective d’une équipe, en plus de responsabiliser chacun de ses membres, en toute équité !

 

Nos sources d’inspiration

 

 

– 26 septembre 2018 – 

Jonathan Scher, Scrum master et Coach agile chez Ritmx